Jeudi 31 mars après midi , l’ensemble des troisièmes  prendront le chemin du CDDB à Lorient pour aller voir et écouter un spectacle musical jazz qui est la transposition d’une oeuvre de Stravinsky:

La dernière création de la saison est musicale, tout public et est le fruit de la collaboration initiée en 2013 entre Le Théâtre de Lorient et l’Orchestre Symphonique de Bretagne avec L’Histoire du Soldat de Ramuz et Stravinsky. Trois ans plus tard, les deux institutions se retrouvent pour en présenter une version jazz et blues, A Fiddler’s Tale. Regard contemporain sur l’oeuvre de Stravinsky, perspective américaine sur le très européen motif faustien, synthèse des musiques nord-américaines du XXe siècle, le Fiddler’s Tale de Wynton Marsalis est un concentré d’influences convergentes. Le conte est familier : un homme est aux prises avec le Malin pour sauver son âme. Cette fois, la naïve violoniste est une musicienne native de la Nouvelle-Orléans, et le Diable, un agent peu scrupuleux nommé Beel Z. Bub. La morale du conte sera-t-elle au diapason du swing de l’histoire ? Rodolphe Poulain, déjà vu cette saison dans L’Histoire de Babar, le petit éléphant, sera le conteur de l’histoire dans une mise en espace d’Éric Vigner, accompagné par sept musiciens de l’Orchestre Symphonique de Bretagne dirigés par Aurélien Azan Zielinski. C’est à Lorient que le texte de Stanley Crouch sera créé pour la première fois en français.

Pour en savoir plus sur l’oeuvre originale:

D’inspiration faustienne, L’Histoire du Soldat a pour origine un vieux conte russe compilé par Alexandre Afanasiev. L’écrivain suisse Charles-Ferdinand Ramuz en a fait une fable grinçante sur la guerre pour trois récitants (le Lecteur, le Soldat et le Diable). Ce récit dénonce le faux bonheur et la fausse puissance de l’argent (dont sont victimes tour à tour le Soldat et le Diable) et leur oppose la force de l’art (représentée par un violon que se disputent ces deux personnages). Violon qui dispense le bonheur à condition de ne pas désirer plus qu’il n’est donné.
En 1917, le compositeur Igor Stravinsky est réfugié en Suisse du fait de la révolution russe et est présenté à l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz par le chef d’orchestre suisse Ernest Ansermet. Stravinsky compose alors L’Histoire du Soldat pour sept instrumentistes (violon, contrebasse, basson, cornet à pistons, trombone, clarinette et percussions). Ce ballet-opéra de chambre, dont l’ambiance emprunte au cirque ambulant et au jazz, comporte plusieurs courts tableaux dont certains sont inspirés de diverses danses allant du tango au ragtime. L’Histoire du Soldat marque un tournant dans la carrière de Stravinsky. Laissant derrière lui la luxuriance de ses premières productions pour les ballets russes, il porte, au sortir de la première guerre mondiale un regard plus austère sur son héritage russe.